8.3 Lutte contre le radon

 

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle provenant de la désintégration du radium, lui-même issu de la désintégration de l’uranium contenu dans la croûte terrestre mais plus particulièrement dans les sous-sols granitiques et volcaniques.

Le radon est présent partout à la surface de la terre: dans l’air, le sol, l’eau.

Il est inodore et incolore.

Le risque pour la santé résulte toutefois pour l’essentiel de sa présence dans l’air. La concentration en radon dans l’air est variable d’un lieu à l’autre. Elle s’exprime en becquerels par mètre cube (Bq/m³). Le becquerel est une unité de mesure de la radioactivité qui correspond à une désintégration d’un atome de radon par m³ et par seconde.

Dans l’air extérieur, le radon se dilue rapidement et sa concentration moyenne reste généralement faible: le plus souvent inférieure à une dizaine de Bq/m³.

Dans des lieux confinés tels que les grottes, les mines souterraines mais aussi les bâtiments en général, et les habitations en particulier, il peut s’accumuler et atteindre des concentrations élevées atteignant parfois plusieurs milliers de Bq/m³.

Le radon présent dans un bâtiment provient essentiellement d’un transfert depuis le sol et, dans une moindre mesure, des matériaux de construction (notamment en granit) et de l’eau de distribution.

La concentration du radon dans l’air d’une habitation dépend ainsi des caractéristiques du sol mais aussi du bâtiment et de sa ventilation. Elle varie également selon les habitudes de ses occupants en matière d’aération et de chauffage.

Les parties directement en contact avec le sol (cave, vide sanitaire, planchers du niveau le plus bas, etc.) sont celles à travers lesquelles le radon entre dans le bâtiment avant de gagner les pièces habitées. L’infiltration du radon est facilitée par la présence de fissures, le passage de canalisation à travers les dalles et les planchers, etc.

Le renouvellement d’air est également un paramètre important. Au cours de la journée, la présence de radon dans une pièce varie ainsi en fonction de l’ouverture des portes et fenêtres. La concentration en radon sera d’autant plus élevée que l’habitation est confinée et mal ventilée.

Pour vérifier si une zone géographique est concernée par le risque radon, il est possible de consulter la carte fournie sur le site de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) à l’adresse suivante: http://www.irsn.fr/FR/connaissances/Environnement/expertises-radioactivite-naturelle/radon/Pages/4-cartographie-potentiel-radon-commune.aspx?dId=9aef83d8-dab7-4201-beed-16551b10812c&dwId=2c2a9274-9106-41cf-b110-445981d4784 e

Le potentiel radon fournit sur le site de l’IRSN un niveau de risque relatif seulement à l’échelle d’une commune. Il ne préjuge en rien des concentrations présentes dans un bâtiment.

Le département du Haut-Rhin est un département dit « non prioritaire » face au risque radon.

Si l'exposition au radon y est faible voire nulle, elle n'est néanmoins pas à négliger.

Effets sur la santé:

Le radon a été reconnu cancérigène pulmonaire certain pour l’homme depuis 1987 par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’organisation mondiale pour la santé (OMS).
En France, il constitue la principale source d’exposition aux rayonnements ionisants et le second facteur de risque de cancer du poumon après le tabagisme.

Le radon est dangereux lorsqu’il s’accumule dans des locaux où il s’infiltre via les défauts d’étanchéité du bâtiment, on le retrouve donc dans les plus bas niveaux occupés.

Conseils:

Des solutions existent pour réduire significativement la concentration en radon dans les habitations.

Elles reposent sur deux types d’actions:

- éliminer le radon présent dans le bâtiment en améliorant le renouvellement de l’air intérieur (renforcement de l’aération naturelle ou mise en place d’une ventilation mécanique adaptée);

- limiter l’entrée du radon en renforçant l’étanchéité entre le sol et le bâtiment (colmatage des fissures et des passages de canalisations à l’aide de colles silicone ou de ciment, pose d’une membrane sur une couche de gravillons recouverte d’une dalle en béton, etc.). L’efficacité de ces mesures peut être renforcée par la mise en surpression de l’espace habité ou la mise en dépression des parties basses du bâtiment (sous-sol ou vide sanitaire lorsqu’ils existent), voire du sol lui-même.

Les solutions les plus efficaces peuvent nécessiter de combiner les deux types d’actions. L’efficacité d’une technique de réduction doit être vérifiée après sa mise en œuvre en effectuant de nouvelles mesures de concentration en radon.

Dans le cas d’une réhabilitation thermique de bâtiments existants, il y a un risque potentiel qui repose sur un étanchement (changement des ouvrants, isolation thermique) sans mise à niveau adaptée de la ventilation d’où l’importance du diagnostic technique du bâtiment.

Techniques de prévention dans les bâtiments neufs:

Pour les bâtiments neufs, l'intégration dans la conception du bâtiment des techniques de réduction du radon permet d'assurer une bonne efficacité de la solution pour un coût marginal.

Les principes des techniques visant à diminuer la présence de radon dans les bâtiments consistent d'une part à diluer la concentration en radon dans le volume habité et d'autre part à empêcher le radon venant du sol d'y pénétrer. De façon générique, on peut distinguer trois familles de techniques :

  • assurer la meilleure étanchéité à l'air possible entre le bâtiment et son sous-sol,
  • diluer le radon présent dans le bâtiment grâce au renouvellement d'air de ce dernier,
  • traiter le soubassement par ventilation ou avec un système de mise en dépression du sol (SDS).

A priori, il n’y a pas de problème particulier si on a un bon étanchement de l’interface avec le sol et un système de ventilation performant. Cependant, attention à la mise en œuvre des systèmes générant des connections potentielles avec le sol (puits canadien, pompe à chaleur, ...)

Réglementation:

Les obligations concernant le radon sont issues de nombreux textes réglementaires notamment:

- La Directive 2013/59/EURATOM du 5 décembre 2013 introduit de nouvelles obligations vis-à-vis de la gestion du risque lié au radon. Cette directive doit être transposée en droit français avant le 6 février 2018. Les dispositions législatives ont d’ores et déjà été transposées par l’ordonnance n° 2016-128 du 10 février 2016 portant diverses dispositions en matière nucléaire (articles 38 et 40) et par la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (article 49).

- L’ Arrêté du 22 juillet 2004 relatif aux modalités de gestion du risque lié au radon dans les lieux ouverts au public

- L’ Arrêté du 7 août 2008 relatif à la gestion du risque lié à l'exposition au radon dans les lieux de travail

- Depuis le 1er février 2011, la norme AFNOR NF X 46-040: Traitement du radon dans les immeubles bâtis - Référentiel de diagnostic technique relatif à la présence de radon dans les immeubles bâtis, définit les missions et la méthodologie du diagnostic technique.

- Les articles L. 1333-10 et R. 1333-15 à R. 1333-16 du code de la santé publique.

Pour plus de détails:

- Site du ministère des affaires sociales et de la santé :

http://social-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/batiments/article/radon